Ce pâtissier girondin imagine un éclair au Ricard : « Tout est parti d’une blague entre collègues »

Ce pâtissier girondin imagine un éclair au Ricard : "Tout est parti d'une blague entre collègues"

Un éclair parfumé au Ricard ? Oui, et il s’appelle le Ricassou. Né d’une plaisanterie entre collègues à la boulangerie Hugo de Bazas, ce petit bijou anisé mêle savoir-faire traditionnel et audace du Sud‑Ouest. Vous êtes curieux ? Voici comment cette idée est devenue réalité — et comment vous pouvez la tenter chez vous.

Une idée partie d’une blague, devenue création

Tout commence dans les coulisses d’une boulangerie. Entre rires et conversations d’après‑repas, l’équipe imagine un dessert qui ferait l’inverse d’un apéritif : un dessert qui sentirait l’apéro. Le pâtissier, fort de plus de 35 ans d’expérience, se lance. Le résultat : un éclair garni d’une crème pâtissière légèrement anisée et recouvert d’un glaçage jaune, simple mais plein de caractère.

Ce qui surprend, c’est la méthode : pas d’ajout au hasard. Le pâtissier teste, pèse, goûte. Il cherche l’équilibre pour que l’anis du Ricard soit présent sans écraser la finesse de la crème. Le nom, Ricassou, garde cet esprit convivial et local.

Comment le goût est obtenu

Le secret, c’est le dosage. Trop d’alcool et la crème devient lourde. Trop peu et l’arôme disparaît. L’approche la plus sûre consiste à aromatiser la crème après cuisson et léger refroidissement. Ainsi, l’arôme se fixe sans trop volatiliser l’alcool.

La texture compte aussi. Le choix de l’éclair permet d’avoir une pâte légère et une crème onctueuse. Le glaçage jaune fait le clin d’œil visuel au Ricard et interpelle au premier regard.

Recette maison : essayer l’éclair au Ricard (pour 8 éclairs)

Vous voulez tenter l’expérience chez vous ? Voici une version accessible, inspirée par la création bordelaise.

  • Pour la pâte à choux : 125 ml d’eau + 125 ml de lait, 100 g de beurre, 140 g de farine, 4 œufs, 1 pincée de sel, 1 c. à soupe de sucre.
  • Pour la crème pâtissière au Ricard : 500 ml de lait, 4 jaunes d’œufs, 100 g de sucre, 40 g de maïzena, 40 g de beurre, 1 gousse de vanille (ou 1 c. à café d’extrait), 40 ml de Ricard (ajustez selon goût).
  • Pour le glaçage jaune : 200 g de sucre glace, 3 à 4 c. à soupe d’eau, quelques gouttes de colorant jaune, 1 c. à soupe de Ricard (optionnel).

Préparation courte :

  • Chauffez eau + lait + beurre + sel + sucre. Hors du feu, ajoutez la farine, remuez, puis desséchez la pâte sur feu doux. Incorporez les œufs un à un. Dressez des boudins de 12 cm sur plaque et enfournez 25–30 min à 180 °C sans ouvrir.
  • Pour la crème : faites bouillir le lait avec la vanille. Fouettez jaunes + sucre + maïzena. Versez le lait chaud sur le mélange, reversez dans la casserole, épaississez à feu doux. Hors du feu, incorporez le beurre. Laissez tiédir puis ajoutez 40 ml de Ricard. Réfrigérez.
  • Coupez les éclairs, garnissez de crème au Ricard à la poche. Préparez le glaçage : mélangez sucre glace + eau + colorant + Ricard si utilisé. Nappez les éclairs et laissez prendre.

Conseils pratiques et variations

Respectez les doses d’alcool si vous servez à des mineurs ou à des femmes enceintes. Même en petite quantité, le Ricard reste une boisson alcoolisée.

Si vous préférez moins d’alcool, limitez à 20–25 ml pour 500 g de crème. Pour intensifier l’anis sans alcool, pensez à ajouter une infusion de badiane (anis étoilé) dans le lait puis la retirer avant de cuire la crème.

Le glaçage peut être remplacé par un nappage neutre et un filet de réduction de Ricard caramélisé pour un contraste sucré‑amer. Pour une version plus régionale, incorporez une pointe de pruneaux cuisinés à la base de l’éclair.

Pourquoi ce dessert séduit

Le Ricassou marche sur deux tableaux : il évoque l’apéro, il reste une pâtisserie. Il provoque la surprise, intrigue vos convives, puis séduit par l’équilibre entre douceur et anis. C’est une création qui rappelle que la pâtisserie peut être ludique et populaire à la fois.

Si vous passez à Bazas, la boulangerie Hugo mérite un arrêt. Mais si vous êtes chez vous, la recette ci‑dessus vous donnera une excellente base pour jouer avec cette idée audacieuse.

Attention et dégustation

Ce dessert est pensé pour des adultes. Servez‑le en petit format et accompagnez‑le d’un café ou d’un thé pour mieux apprécier l’arôme anisé. Et surtout, amusez‑vous : la pâtisserie naît souvent d’une plaisanterie, mais elle se partage pour créer des souvenirs.

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Auteur/autrice

  • Je suis cheffe cuisinière spécialisée en cuisine créole réunionnaise depuis plus de quinze ans. Formée en hôtellerie-restauration puis passée par plusieurs tables bistronomiques à Saint-Denis et ancien chef pâtissier au Ritz lors d’une saison parisienne, j’ai affiné mon approche des produits tropicaux. Ma spécialité est l’association des épices réunionnaises avec des techniques contemporaines pour sublimer carri, rougails et douceurs locales. Je partage ici mon expérience du terrain, mes rencontres avec producteurs et artisans de l’île et mes analyses d’actualités gourmandes pour aider chacun à mieux connaître et cuisiner la gastronomie réunionnaise.

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