Glyphosate : « Je remplace l’herbicide par des passages de vibroculteur avant semis sur mon exploitation dans la Meuse, avant tout pour préserver l’environnement »

Glyphosate : « Je remplace l’herbicide par des passages de vibroculteur avant semis sur mon exploitation dans la Meuse, avant tout pour préserver l’environnement »

Vous cherchez des alternatives concrètes au glyphosate sur votre exploitation ? Un agriculteur de la Meuse partage une stratégie simple et pragmatique : remplacer l’herbicide par des passages mécaniques au vibroculteur avant les semis, surtout en automne. Voici comment il procède et pourquoi il juge ce choix essentiel pour l’environnement.

Pourquoi éviter le glyphosate ?

Le choix de réduire l’usage du glyphosate est d’abord motivé par des raisons environnementales. L’agriculteur préfère limiter la chimie lorsqu’il le peut. Il accepte néanmoins un recours ponctuel au produit quand la méthode mécanique échoue et que les conditions rendent les mauvaises herbes incontrôlables.

La méthode : déchaumage et passages de vibroculteur

Avant un semis d’automne, il évite presque toujours le traitement chimique. À la place, il réalise un déchaumage suivi d’un ou deux passages de vibroculteur qui travaillent le sol à environ 6–7 cm de profondeur. Cette organisation permet d’éradiquer les repousses de culture et les levées d’adventices de façon mécanique.

Il insiste sur un facteur-clé : il faut une période sèche de quelques jours après ces passages pour empêcher la repousse. En automne, ces conditions sont fréquemment réunies. Quelques jours chauds, autour de 25 °C, suffisent souvent à assécher la surface et à éviter le repiquage.

Quand le glyphosate redevient nécessaire

Si la météo apporte des pluies et que le déchaumage ne suffit pas, l’agriculteur envisage alors un traitement au glyphosate. Il utilise un dosage pratique de référence : environ 1,3 L/ha d’un produit titrant 360 g/L. Les semis de blé s’effectuent chez lui entre le 25 septembre et le 15 octobre, période pendant laquelle il privilégie la mécanique mais conserve cet outil chimique en dernier recours.

Le calendrier au printemps

Au printemps, la même logique s’applique. Si les adventices restent modérées et que les conditions de travail du sol sont favorables, il réalise un passage de vibroculteur environ une semaine avant le semis. Ses dates cibles pour cette opération sont entre le 25 février et le 15 mars.

Le vibroculteur utilisé (marque Kockerling) n’est pas exigeant en traction. Avec une largeur de travail de 7 m, il couvre 5 à 6 hectares par heure, ce qui facilite les interventions rapides sur l’exploitation.

Gestion des couverts et intercultures

Pour limiter les adventices en dehors des périodes de culture, il détruit mécaniquement ses couverts d’interculture. La séquence typique : broyage fin octobre à début novembre, puis passage d’un outil à dents (Kockerling Trio) ou d’un disque (Horsch Joker) si le sol est gras. Des déchaumages avant et après la destruction du couvert complètent la stratégie.

Aspects économiques et choix volontaire

Remplacer le glyphosate par davantage de passages mécaniques implique plus d’heures et d’usure sur le matériel. Sur le plan strictement économique, ce n’est pas forcément rentable à court terme. L’agriculteur le reconnaît volontiers : son choix est principalement environnemental et non guidé par la recherche d’économie.

Accompagnement et retours d’expérience

Pour s’améliorer, il a rejoint il y a une dizaine d’années le groupe Ecophyto de fermes Dephy, suivi par la chambre d’agriculture de la Meuse. Bilan : l’IFT (indice de fréquence de traitement) hors herbicides a bien diminué. En revanche, l’IFT herbicide reste élevé, excepté pour l’usage de glyphosate qui a nettement reculé chez lui.

Contexte d’exploitation

Quelques éléments concrets sur son exploitation facilitent la compréhension des choix :

  • Surface totale : 135 hectares.
  • Répartition des cultures : blé tendre 40 ha, orge de printemps 30 ha, orge d’hiver 20 ha, colza 25 ha, pois de printemps 10 ha, tournesol.
  • Sol : superficiel, argilo-calcaire et caillouteux.

Conseils pratiques si vous souhaitez tenter l’expérience

Si vous envisagez de réduire le glyphosate, voici quelques conseils concrets tirés de cette expérience :

  • Privilégiez les passages mécaniques en automne quand la météo est sèche. Quelques jours sans pluie changent tout.
  • Travaillez peu en profondeur : 6–7 cm suffisent pour supprimer levées et repousses.
  • Anticipez les couverts d’interculture et leur destruction mécanique fin octobre-début novembre.
  • Préparez-vous à des passages plus fréquents et à un surcoût matériel. Considérez cela comme un investissement environnemental.
  • Rejoignez un réseau d’accompagnement (type Ecophyto) pour partager les essais et ajuster les pratiques.

Cette démarche montre qu’il est possible de réduire significativement l’usage du glyphosate sans basculer dans des recettes théoriques. Le compromis exige du temps, de la surveillance et parfois un appui chimique en dernier recours. Si vous voulez engager ce virage, commencez par de petites parcelles et adaptez selon vos sols et votre météo.

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Auteur/autrice

  • Je suis cheffe cuisinière spécialisée en cuisine créole réunionnaise depuis plus de quinze ans. Formée en hôtellerie-restauration puis passée par plusieurs tables bistronomiques à Saint-Denis et ancien chef pâtissier au Ritz lors d’une saison parisienne, j’ai affiné mon approche des produits tropicaux. Ma spécialité est l’association des épices réunionnaises avec des techniques contemporaines pour sublimer carri, rougails et douceurs locales. Je partage ici mon expérience du terrain, mes rencontres avec producteurs et artisans de l’île et mes analyses d’actualités gourmandes pour aider chacun à mieux connaître et cuisiner la gastronomie réunionnaise.

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